Un pape, un bouddha et un prophète

Je recevais récemment un pape, un bouddha et un prophète à dîner. Je leur ai préparé des cocos Belsunce, des haricots coco façon méditerranéenne. Pour nous rappeler le temps où nous nous retrouvions régulièrement pour déguster une assiette de loubia à trois euros, au Fennec ou au Djurdjura rue de la Fare, ou à Noudjoum rue Pressensé. La chaude couleur de l’ail, du poivron, du piment et de la tomate mêlés est bien sûr différente des doux et aromatiques cocos berrichons réalisés il y a peu. J’ai trouvé le kilo de cocos rouge en gousse à deux euros au marché de Noailles, où les tomates et les poivrons sont en ce moment à 1,20  € le kilo.

Après avoir écossé toutes les gousses sans oublier une seule graine, je verse un fond d’huile d’olive dans une grande gamelle à feu doux. Je disloque une tête d’ail entière en l’écrasant doucement de la paume. J’épluche les seize petites gousses qu’elle renferme, je les coupe chacune en trois ou quatre avant de les jeter dans l’huile. Je prends quatre poivrons, ce qu’il y a, un rouge et trois verts. J’ôte le pédoncule, coupe chaque poivron en deux, enlève le blanc et les pépins, puis débite chaque moitié en lanières, et le tout dans la gamelle. Idem avec un petit piment vert fort coupé en fines bandes. Puis quatre tomates que je coupe simplement en quatre puis chaque quartier en deux. Je rajoute cinq feuilles de laurier.  Je verse mes petits haricots tachetés. Je recouvre largement d’eau, trois litres environ. Je poivre de noir mais j’attends la fin de cuisson pour saler. 19 minutes. Je recouvre et monte le feu. A 30 minutes, ça bout, je baisse le feu. Je laisse le couvercle un quart d’heure avant de terminer sans couvercle pour que l’appareil réduise un peu et que la sauce ou plutôt le bouillon des haricots gagne en concentration et donc en saveur. Une heure huit minutes. J’éteins le feu, sale, et repoivre. C’est prêt. Il faut attendre un peu car c’est brûlant.

A table, je me rends compte que j’ai un peu trop salé. La force du sel recouvre légèrement la fraîche saveur des légumes. Les amis se régalent. Il y a à boire et à manger. Le tout à la cuillère. Plein de soleil. Sinon, ils sont d’accord pour me dire que ça ne ressemble pas du tout aux loubia mangés à Belsunce. Pardon ?

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