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Dimanche soir, il faisait froid dehors. Ça donnait envie de manger quelque chose de gras, de savoureux. J’ai fait une omelette aux pommes de terre. D’abord éplucher six pommes de terre moyennes, trois par personne avec l’économe de sa couleur préférée. Puis les découper en petits dés. En tenant la pomme de terre dans la main, je coupe deux fois dans un sens, de haut en bas, puis deux fois dans l’autre sens perpendiculairement, de haut en bas. Puis je coupe ma patate qui ressemble désormais à un bloc de neuf frites à l’horizontale, quatre fois. Et voilà mes dés ! Je mets tous les dés débités dans une serviette pour les sécher, pour que le tissu absorbe le jus qui suinte. C’est ce jus qui empêcherait que les dés ne glissent sans attacher à la poêle. Je choisis une grande poêle, pour éviter que les dés ne forment deux couches, pour s’assurer que tous sont en contact avec le fond. Et je verse un joli fond d’huile de tournesol avant d’y verser les cubes. Je remue régulièrement pour que chaque face des dés soit bien dorée. Au fur et à mesure de la cuisson, les dés rétrécissent car ils perdent leur eau, et on est surpris de voir qu’ils ont de plus en plus d’espace pour cuire. Pendant que ça cuit, je casse cinq œufs moyens dans un grand saladier, j’ajoute du gros sel, je poivre, et une bonne cuillerée de crème fraîche. Je bats le tout avec une fourchette, avec un mouvement ample qui permet d’aérer l’appareil, d’y incorporer de fines bulles d’air. Lorsque les dés de pommes de terre sont bien dorés, j’ajoute l’appareil. J’attends que cela cuise un peu, puis j’ouvre l’omelette en quatre, pour que la partie non cuite à la surface puisse couler vers le fond. Une bonne omelette est toujours un peu baveuse. Il faut prendre soin de ne pas chercher à cuire complètement l’œuf. Cela m’a mis quarante minutes chrono en main. 4 minutes d’épluchage. 4 minutes de découpage. 28 minutes pour cuire les dés de pommes de terre, oui, 5 minutes de moins auraient suffit, mais c’est tellement bon quand les dés grillent légèrement, et 4 minutes pour faire cuire l’omelette proprement dite. Voilà, c’est prêt à être servi. L’alliance de l’onctuosité, de la saveur sucrée de l’omelette avec le croquant acide d’un cornichon est sans pareil. Surtout quand dehors il fait bien froid. Bonne cuisine !

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3 commentaires Ajoutez le vôtre

  1. Colette dit :

    Si avec tous ces détails (en particulier la description du découpage qui m’a beaucoup amusée) un débutant ne réussit pas une bonne omelette aux PDT,!!!!!! je n’y comprends plus rien

  2. Myriam écrit : « Elle a l’air fameuse, ton omelette ! J’adore ces descriptions très précises, le pas-à-pas qui donne envie d’attraper tout de suite sa poêle et de s’y mettre, on a déjà la délicieuse odeur des patates presque en train de caraméliser ! Le « jus » de pomme de terre, ça s’appelle l’amidon ! Si tu veux éviter que tes pdt attachent entre elles en cuisant, il faut rincer les dés à l’eau une, voire deux fois, puis les sécher soigneusement pour retirer tout l’amidon.Si tu fais un gratin, au contraire, il ne faut pas rincer les tranches pour que les morceaux puissent se coller entre eux en fondant, et obtenir un gratin bien onctueux. La cuisine, c’est aussi (un peu) de la chimie ! »

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