Reine verte

Au cœur de la nuit d’été, je bois la verveine. J’ai trouvé un bouquet de branches fraîches cueillies du matin pour deux euros. C’était mercredi, au marché du Cours-Julien. Dans la chaleur de la nuit, je fais bouillir un litre d’eau dans une casserole recouverte. Et j’effeuille une belle branche de verveine. Un seul jour aura suffi pour qu’elle sèche. J’arrache par petits groupes les quelques feuilles rattachées au même point de la tige. Encore souples pour ne pas s’effriter, elles rendent déjà les frôlements et les crissements des feuilles mortes. Je les dépose dans la théière. Quand l’eau bout, je la verse sur les feuilles et je veille à couvrir la préparation pour piéger la vapeur d’eau. Un quart d’heure après avoir été lancée, moins de dix minutes après avoir trempée dans l’eau brûlante, l’infusion est prête. Quand on la verse, elle est de couleur verte tirant sur le jaune. Plus tard, refroidie, elle tourne à un ton d’olive clair. J’aime la boire sucrée et j’aime la boire sans sucre. C’est le parfum d’un citron qui aurait perdu toute son acidité, toute son amertume, qui n’aurait gardé que sa douceur. Je bois et je me calme. Veine vive et égale. La verveine me pose. Je transpire. La nuit sera plus légère à passer.

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